Comment accompagner son proche face à la dépression ?
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Comment accompagner son proche face à la dépression ?

Bien-être et Santé,Idée du jour,Sénior
Publié le 30 août 2018

« Rien ne l’intéresse, il ne fait aucun effort. J’ai tellement envie de le secouer ! ». Phénomène répandu chez la personne âgée, différentes études estiment que prévalence de la dépression est aux alentours de 15 %.  Plus grave encore,  60 à 70 % des états dépressifs des personnes âgées sont encore sous-estimés négligés, en particulier chez les personnes très âgées. Dès lors, accompagner son proche atteint de dépression peut être très difficile : vous notez avec déception et frustration, que la plupart de vos propositions sont mises en échec. Que faire ? Emilie, psychologue chez Bluelinea, tente de répondre à vos interrogations pour réussir à mieux accompagner votre proche face à la dépression.

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Comprendre la maladie

Chez les personnes plus âgées, la dépression est souvent taboue et encore peu – ou mal – diagnostiquée. La dépression peut prendre une forme dite « masquée », lorsque la personne ne se plaint ni de tristesse, ni de perte de plaisir mais plutôt de symptômes physiques : fatigue, douleurs, troubles du sommeil, troubles de la mémoire, plaintes cardiaques et/ou respiratoires,  constipation, perte d’appétit- amaigrissement, prurit généralisé, etc… Le patient est alors taxé « d’hypocondriaque », d’autant plus facilement que le trouble de l’humeur s’exprime sur un versant agressif et anxieux, venant compliquer la relation avec l’entourage.  « Il est ralenti, il me répond une heure après » : il s’agit d’un système de protection mis en place par le cerveau. Face aux pensées noires (tristes, anxieuses…) qui déferlent sur lui, le cerveau se met en mode « sécurité » en ralentissant le flot des pensées pour faire face. Ce mécanisme est à respecter.

 

Dépression : quels sont les pièges à éviter ?

Le jugement

L’état dépressif doit faire l’objet d’un avis médical, et non être prononcé comme un avis catégorique et non expert, qui réduit la personne à un jugement de « faiblesse », comme on l’entend encore si souvent. Les symptômes dépressifs qui agacent souvent l’entourage sont précisément l’expression de la maladie, et moins du fait de sa personnalité elle-même. C’est d’ailleurs en partie ce changement thymique qui guidera le spécialiste vers un diagnostic.

Culpabiliser la personne

Elle doit déjà faire face à la maladie, inutile de lui ajouter le poids de nos propres pensées négatives, que nous aurions tendance à lui renvoyer en miroir. La tristesse, l’anxiété, l’agressivité et/ou l’extrême passivité qu’elle manifeste peut être très difficile pour l’entourage également, qui peut avoir tendance à se mettre sur le même diapason émotionnel.

Banaliser

« Nous aussi on a nos problèmes et nos contrariétés !». La dépression est une maladie complexe, nécessitant un accompagnement expert : le médecin, une fois le diagnostic posé, propose généralement un traitement médicamenteux et/ou non-médicamenteux. Vieillir s’accompagne de nombreuses pertes, entre autres physiques et affectives (décès des proches), lesquelles entrainent des émotions douloureuses. Ces affects ont besoin d’être entendus, accompagnés, et distingués d’une maladie dépressive.

Fuir

« Je ne lui parle plus, je ne sais pas quoi lui dire». Le risque est que l’isolement, déjà fréquent chez la personne âgée (elle a peut-être perdu de nombreux proches), ne surajoute à la gravité du trouble.

Que faire face à la dépression ?

Comprendre les symptômes

Le ralentissement et la perte de désir, les idées noires, sont quelques voies d’expression de la maladie, à bien distinguer de la personnalité propre de l’individu.

Proposer un mode relationnel soutenant et apaisant

Vous ne savez pas comment réagir ? Ne vous privez pas de sourire ! Un bonjour chaleureux, un regard bienveillant, une main réconfortante dans sa main ou sur le côté de l’épaule peuvent être très soutenants. Vous ne savez pas quoi lui dire ? Commencez par l’écouter. Admettez que ce n’est pas facile pour elle et dites-le lui. Vous pouvez par la suite donner un tour apaisé à l’échange en lui parlant d’une nouvelle insolite ou positive, pour faire diversion aux émotions difficiles qu’elle a déversées. Votre proche n’exprimera peut-être pas de soulagement sur le moment, c’est encore une fois la maladie qui parle. Résistez à l’envie de « vouloir faire », préférez plutôt « être avec ». Etre dans le moment présent, juste ensemble. Si le cadre s’y prête, admirez ensemble quelque chose autour de vous… Ou transmettez quelque chose de beau, que vous avez remarqué. Lorsque c’est possible, la présence d’un animal peut être également source d’un grand réconfort, l’écoute d’une lecture ou de musiques qui plaisent à votre proche (à un niveau sonore qui lui convient également).

Persévérez

Toutes ces petites touches de sourires, regards chaleureux, écoute bienveillante, des diversions apaisantes… sont à maintenir dans le temps. Lorsque la prise en charge (traitement médicamenteux et/ou non-médicamenteux prescrit par le médecin) est adaptée et que la maladie recule, vous observez progressivement votre proche réagir positivement à vos signes de réconfort et de convivialité. Votre approche ne doit ni être envahissante, ni fatigante : les petits signaux répétés, et maintenus régulièrement dans le temps sont beaucoup plus accessibles.

Aérez-vous

Accompagner un proche confronté à la dépression demande beaucoup de patience et d’énergie. Le risque est de s’épuiser et de perdre patience, voire d’abandonner. Accordez-vous du temps pour vous ressourcer, et vous faire plaisir !

 

Emilie Beaumier – Psychologue de la santé chez Bluelinea

Pour aller plus loin :

  • QUADERI A., PEDINIELLI J.-L., PSYCHOLOGIE DU VIEILLISSEMENT, ARMAND COLIN, 2013, 122
  • PLOTON L., COMMENT FINIR SES JOURS ?, LA LETTRE DE PSYCHOGERIATRIE, Juin 2014, 8
  • LEDESMA E., HAZIF-THOMAS C., WALTER M., LE NAGARD P., LA SANTÉ MENTALE DU GRAND AGE, SOINS PSYCHIATRIE, n°290, Janvier 2014, 11-37
  • HAZIF-THOMAS C., SANTÉ MENTALE ET SOLITUDE DANS L’AGE AVANCE, SOINS GERONTOLOGIE, n°105, Janvier 2014, 17-19

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