Comment faire face aux comportements perturbés de mon proche atteint de maladie d’Alzheimer ?

Comment faire face aux comportements perturbés de mon proche atteint de maladie d’Alzheimer ?

Bien-être et Santé
Publié le 25 septembre 2018

 

Voici le 2ème article d’une série destinée à comprendre – et mieux accompagner – son proche âgé atteint de maladie d’Alzheimer.

 « Lorsqu’elle se met dans cet état de stress, je ne peux pas la raisonner, elle ne m’entend plus. Ses forces sont décuplées, je n’arrive pas à la protéger d’elle-même. Si je m’emporte c’est pire encore… J’appréhende ces situations angoissantes.»

 Comprendre les comportements perturbés de son proche atteint de maladie d’Alzheimer reste possible, avec de l’observation. La situation nécessite ensuite des stratégies adaptées pour continuer d’accompagner son proche, et également se faire aider, afin d’éviter l’épuisement pour l’aidant.

Que sont les comportements perturbés ? Il s’agit de comportements qui nous semblent inadaptés, et bien souvent majorent la difficulté de la situation. Ils ont pour effet de désadapter socialement la personne et d’accélérer le déclin cognitif, et sont sources d’épuisement et de tension pour l’entourage (professionnel, familial). L’expression des troubles peut être perturbante au point qu’ils peuvent susciter négligence et malveillance de l’entourage démuni et usé.

Ce sont :

  • Opposition: refus de la personne atteinte d’accepter un soin, une activité ;
  • Agitation, cris;
  • Agressivité(coups, crachats) ;
  • Comportements moteurs aberrants (gestes répétés),
  • Désinhibition (la personne se dénude publiquement, prononce des paroles blessantes voire insultantes, a des gestes qui font fi de toute intimité) ;
  • Des idées délirantes (le malade a une conception de la situation bien éloignée de la réalité, des hallucinations (il croit voir, entendre ou sentir quelque chose qui n’existe pas), des illusions (il mésinterprète des éléments de son environnement),
  • Désorientation spatio-temporelle: la personne ne se repère plus dans l’espace et/ou dans le temps, avec des perturbations dans le rythme veille/sommeil.

Comprendre ce qu’exprime votre proche : Ces comportements manifestent un mal-être moral et/ou physique à prendre en compte.

Que se passe-t-il ? Votre proche exprime-t-il un besoin, une difficulté physiologique (constipation, douleur, etc…) ? Une gêne ou une anxiété en raison de stimuli inadaptés (trop de bruits : niveau sonore ou multiplicité des sources, lumière trop forte, etc…), ou d’une position inconfortable ? Se sent-il perdu et angoissé de ne savoir quoi faire (« Qu’est-ce que je dois faire maintenant ? ») ? A-t-elle peur de ce qu’elle croit voir, entendre ou sentir (sensations olfactives et/ou kinésiques) ?

Avec le temps, vous apprendrez à repérer et anticiper certaines des situations anxiogènes pour votre proche. C’est la maladie qui s’exprime, la personne atteinte de maladie d’Alzheimer fait avec ce qui lui reste (et il lui reste des désirs, des besoins, des émotions), notamment avec peu de mots pour se faire comprendre. La situation peut-être si frustrante pour le patient, qu’elle peut majorer encore sa colère et/ou son anxiété.

N’oublions pas que physiologiquement, la maladie d’Alzheimer engage des atteintes cognitives du cortex préfrontal, de l’amygdale, du noyau caudé, du cortex cingulaire, de l’hippocampe et l’hypothalamus, associées à des degrés divers à la gestion des émotions. Le patient se trouve de fait dépourvu des mécanismes physiologiques nécessaires à la régulation de ses émotions.

Pour comprendre ce qui se passe, vous devrez donc prendre en compte la réalité telle que vécue par la personne. Observez ses postures, sa gestuelle, ses mimiques, l’environnement. Avec le temps, vous parviendrez à repérer – et dans un certains nombre de cas à anticiper – les situations difficiles. Il n’est pas rare qu’un comportement perturbé soit en fait une réaction normale à une situation anormale (« je suis adulte, je veux sortir/boire/uriner, je n’y arrive plus et n’ai plus les mots pour obtenir de l’aide ! »).

Avec des questions fermées (réponses par oui ou non), peut-être pourrez-vous obtenir des réponses de votre proche, s’il est accessible. Parfois, le malade est très en colère et il vaut mieux le laisser s’apaiser seul. La distractibilité liée à la maladie peut lui faire oublier l’objet de sa colère en quelques minutes si vous le laissez. Si vous décidez de négocier, gardez un ton doux et même tendre, une voix grave, un débit lent et facile à comprendre. Votre stress ne ferait qu’alimenter le sien. Vous pouvez le sécuriser en instaurant des routines (lever, toilette, repas, visite, promenade, coucher…) et en acceptant de différer certaines activités ou de les réaliser à sa manière si cela ne présente pas de danger.

« Mon mari jardine toujours. Il plante maintenant les fleurs un peu n’importe où dans le jardin, mais il est heureux et détendu. »

La clé réside souvent dans une ambiance calme, une organisation souple, et des propositions restreintes : pas trop de choix à la fois (1 ou 2 assiettes ou outils devant lui maximum), tout en lui parlant de ce que vous faîtes ensemble pour qu’il reste concentré sur l’activité partagée (tenez compte de ses goûts et dégoûts, qui continuent d’évoluer). Il est possible cependant que certaines fois son attention soit très limitée dans le temps (on peut proposer une activité « flash » de quelques minutes seulement), ou qu’il veuille tout simplement se sentir utile en vous accompagnant dans une activité (pliage de serviettes, etc…). Votre proche a besoin – plus que jamais – de se sentir aimé et entouré d’une attention bienveillante, de la percevoir dans votre regard, vos gestes, votre sourire et même vos silences.

Si vous-même avez trouvé des activités apaisantes pour votre proche, n’hésitez pas à liker cet article et nous faire part de vos trucs et astuces dans vos commentaires : les échanges sont souvent riches dans ce domaine, et tellement utiles !

Enfin, ne restez pas seul(e), ressourcez-vous autant que possible. Nombre d’institutions – médicalisées ou non – proposent des accueils de jour pour les personnes atteintes de maladie d’Alzheimer, et afin de vous permettre le répit bien nécessaire, ainsi que des rencontres entre aidants. Les CLIC et MAIA de votre localité ont pour vocation de vous renseigner et vous permettre de trouver un accompagnement adapté aux besoins de votre proche.

Pour trouver un CLIC : https://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/resultats-annuaire

Emilie Beaumier – Psychologue de la santé

 

 

 

 

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