Comment mieux communiquer avec mon proche atteint de maladie d’Alzheimer ? - Bluelinea, le magazine

Comment mieux communiquer avec mon proche atteint de maladie d’Alzheimer ?

Voici le 1er article d’une série destinée à comprendre – et mieux communiquer – avec son proche âgé atteint de maladie d’Alzheimer

 « J’ai beau lui parler, c’est comme s’il ne m’entendait pas. Il est dans un autre monde »

Communiquer avec son proche atteint de maladie d’Alzheimer reste possible, même au fur et à mesure que sa parole s’amenuise au fil de la maladie pour certains.

 

  • Placez-vous face à lui, à hauteur du regard: dans le cadre de démences, le champ visuel de la personne atteinte tend à se rétrécir « en tunnel ». Si vous arrivez par le côté ou par l’arrière, il peut être surpris de vous voir surgir tout à coup devant lui, sans vous avoir vu venir vers lui – voire réagir avec agressivité s’il a pris peur.
  • Privilégiez des mots simples, des phrases courtes avec un débit ralenti : pour lui permettre de vous comprendre, et de pallier à l’amenuisement de son langage.
  • Utilisez des questions fermées, auxquelles il répondra par oui ou par non, également pour lui faciliter l’expression.
  • Prêtez-lui vos mots : sans le couper ou faire des phrases entières à sa place, vos propositions peuvent venir atténuer sa frustration de chercher ses mots.
  • Soutenir son regard avec bienveillance et intérêt, le toucher par une main soutenante (s’il apprécie votre contact) peuvent également favoriser une communication apaisée.
  • Le ton serein de votre voix lui permettra d’être rassuré : les personnes atteintes sont particulièrement sensibles à la tonalité émotionnelle des échanges. Si vous êtes stressé(e), il risque de beaucoup se stresser également.

 

Ces « clés » ne sont pas pour autant magiques : il est possible que vous ayez mis en œuvre toutes ces modalités de communication et que votre proche ne soit pas accessible (il ne semble pas comprendre, ni même entendre), pour des raisons qui vous échappent. Nous développerons ces points dans les articles prochains de cette série. En revanche, vous constaterez peut-être qu’à certains moments, votre proche semble très pertinent pendant quelques minutes, de nouveau tout à fait en phase avec son environnement. Profitez de ces moments pour échanger avec lui : comment il se sent, ce qu’il y a autour de vous, dans le partage du moment présent, l’ici et maintenant…

 

Enfin, il est possible qu’épuisé, vous ayez du mal à parler d’une manière apaisée à votre proche. Les signes d’épuisement ne sont pas rares chez les aidants. Il importe de ne pas rester seul. Pour vous permettre de prendre un peu de répit, il existe plusieurs dispositions possibles :

  • Le répit familial, qui consiste à hospitaliser votre proche atteint de maladie d’Alzheimer, pour une durée de quelques jours à quelques semaines ;
  • Le baluchonnage, lorsqu’un professionnel reste au domicile de la personne malade.

L’association locale France Alzheimer, et la MAIA locale vous informeront et vous orienteront en ce sens.

 

Pour aller plus loin :

  • ASSOCIATION FRANCE ALZHEIMER : francealzheimer.org
  • Faire face à la maladie d’Alzheimer, Lesniewska H., éd. Retz, 2013.
  • Alzheimer, le guide des aidants, Alzheimer Europe, 2010

Emilie Beaumier  – Psychologue de la santé.

© Bluelinea 2018

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