"Peut-on tutoyer un résident ?" par Emilie, psychologue chez Bluelinea
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« Peut-on tutoyer un résident ? » par Emilie, psychologue chez Bluelinea

Actualités,Etablissements,Sénior
Publié le 8 mars 2019

Dans le quotidien d’un établissement de santé (Résidence Autonomie, EHPAD, Foyers spécialisés), la question du respect est un élément clé de la confiance entre résident, soignant et famille. Développer des liens étroits sans violer l’intimité, le juste équilibre nécessite une perpétuelle adaptation à la situation par les soignants et une réelle compréhension de la part de la famille. Emilie, psychologue chez Bluelinea, vous partage ses réflexions au travers d’un cas vécu dans son ancienne expérience professionnelle, au sein d’un EHPAD.

 

Emilie, psychologue chez Bluelinea, tente de répondre à la question : "Peut-on tutoyer un résident ?"

 

« Ils l’appellent par son surnom !!!… »

Aujourd’hui, Lucie va à la maison de retraite rendre visite à sa mère, Myriam, atteinte d’une maladie d’Alzheimer qui a beaucoup évoluée. Quand on lui demande son âge, elle répond parfois qu’elle a 7 ans… Elle a le regard si souvent absent maintenant… Cette visite est un peu inhabituelle pour ce mercredi après-midi, mais c’est aussi l’occasion de voir comment les choses tournent le reste du temps – surtout quand le personnel n’attend pas sa visite – pense Lucie…

Elle traverse les couloirs ornés des dessins et décorations peints par les résidents, prend les escaliers pour monter au 1er étage, et se dirige vers la chambre de sa mère. Elle reconnait la voix d’Isabelle, aide-soignante. « C’est bien , se rassure Lucie –  on s’occupe de maman ».

  • « C’est bien Mimi !… Maintenant je vais te prendre le bras et nous allons avancer ensemble… C’est bien ! » dit Isabelle à Myriam.

Quel choc pour Lucie ! Le ton de l’aide-soignante est certes bienveillant mais elle se permet de tutoyer sa mère… Elle l’appelle par son surnom… Non mais de quel droit !!! Quelle déception… Il faut vraiment tout surveiller, pense Lucie ! Ni une ni deux, Lucie entre dans la chambre, et scandalisée, ne se gêne pas pour dire ce qu’elle en pense à Isabelle.

  • « C’est inadmissible, tutoyer maman, l’appeler par son surnom ! Vous me décevez Isabelle, je vais aviser la cadre de toutes ces familiarités ! Non mais quel toupet !… »

 

Comment comprendre cette situation ?

Il peut être très inquiétant d’entendre le personnel tutoyer son proche, qui plus est l’appeler par son prénom, voire son surnom… ! N’est-ce pas un abus vis-à-vis d’une personne vulnérable ?

Pas nécessairement : pour le savoir, la situation mérite quelques éclaircissements.

Ici, la maman de Lucie est atteinte d’une maladie d’Alzheimer évoluée : il est possible qu’elle ne comprenne désormais que l’on s’adresse à elle qu’à condition d’utiliser son surnom et de la tutoyer. Le fait qu’elle croit avoir 7 ans tend à asseoir cette hypothèse.

Mais dans ce cas… Cela pourrait aussi être utilisé abusivement ? Comment s’assurer que cela reste une bonne pratique de soin ?

Surprise de cette arrivée, l’aide-soignante Isabelle s’est sentie mise en difficulté et comme prise en faute. Elle n’a pas pu expliquer à cette fille que cette pratique est un soin relationnel décidé en équipe. Comment cela ? Isabelle avait noté et rapporté à l’équipe que Myriam l’interpelle et se désigne elle-même comme « Mimi ! Mimi ! »

Face aux difficultés de communications avec cette résidente (Myriam a des difficultés attentionnelles, souvent elle ne comprend plus que c’est bien à elle que l’on s’adresse, elle a oublié son nom de femme mariée), l’équipe s’est concertée, et sur la base des recommandations de bonnes pratiques (validées par la Haute Autorité de Santé), propose une nouvelle ligne de soin relationnel : utiliser son surnom, comme la résidente semble le solliciter, et la tutoyer, puisqu’à cette condition elle comprend alors que l’on s’adresse à elle. Le ton des soignants restera déférant et les formulations telles qu’elles conviennent à un adulte, dans le plus grand respect.

Dans quel cas le tutoiement et l’utilisation du prénom voire du surnom du résident seraient-ils un abus ? Si c’est à l’initiative de quiconque, sans concertation avec l’équipe soignante et hors de toute perspective thérapeutique.

 

Qu’a-t-il manqué dans le cas de Myriam ?

Lorsque l’équipe met en place ce dispositif relationnel avec le résident, il convient d’en informer la famille afin d’éviter tout malentendu. Ce qui peut être fait à l’occasion de la réactualisation du projet d’accompagnement personnalisé, un document établissant les modalités spécifiques de prise en charge pour chaque résident, et porté à l’attention de la famille.

Emilie Beaumier – Psychologue de la santé
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